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Les
chiens aboient, la caravane passe...
Que voyons-nous ?
Aujourd’hui, où avons-nous été ?
Impérativement éclectique à travers ses jeux de pistes,
la photographie de Jean-Pierre Bijouard se promène sur
nos sentiers battus.
Elle y salue l’appel, l’insistance gratuite qui nourrira le
spectre de ses aphorismes jubilatoires, qu’il s'agisse de
nous souffler les repères pressentis signifiants dans le décor
urbain ou de traquer d’un regard insolent le mirage
unidimensionnel de notre ‘culture’ d’images.
Nous invitant aussi, dans des plans très rapprochés,
à appréhender le tact des petits mondes que nous côtoyons,
le photographe revendique une attention flottante,
garante de l’exigence graphique, du fil conducteur de son
travail : « La lumière est un bon prétexte, la couleur, un
bon stimulus.
Restent la géométrie simple du viseur, l’irréductibilité rectangle
de la prise de vue, là où le plein se négocie, cible et jalons
à la fois ».
Indissociable du temps et de sa linéarité dans nos photos-souvenirs,
nos poses pour la postérité, nos instantanés de vacances,
la photographie est toujours un pari sur la fugacité
de ce qui se donne à voir.
Les avatars du Jeu se déclinent nécessairement ainsi,
à travers cette cristallisation, au rythme de ces mosaïques
d’instants dont la réalité, essentielle et subjective, est
celle du reflet de la lune dans l’eau.
Exposition en entrée libre du 24 avril au 6 mai
2006 à l'espace Jemmapes.
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